Le Clown-Gestalt - Un virtuose du contact



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Clown-contact


Allons un peu plus loin : examinons le clown à travers concepts et outils de la Gestalt.
Du fond de la Gestalt se détache nettement le concept de contact-retrait: et avec lui la notion de cycle. C'est ce qu'on appelle une gestalt (la forme en Allemand). C'est la manière dont un besoin émerge à notre conscience, se développe, trouve satisfaction puis s'estompe pour laisser place à un nouveau besoin. Ce mouvement se reproduit de manière continue et ascendante chez une personne saine . Exemple très simple, la faim!

Ici, deux nouvelles notions gestaltistes sont nécessaires pour exprimer la qualité de déploiement d'une gestalt : l'awarness et l'ajustement créateur. La première peut se résumer (de manière très réductrice) par conscience-présence-acceptation à (et de) ce que je suis, sens, veux, désire et ai besoin. La deuxième (de manière tout aussi lapidaire) par comment je peux faire, agir, me comporter, créer pour satisfaire ce que mon awarness met à jour.

Le clown-théâtre est contact, awarness et ajustement créateur.
Il est le prototype même du contact : soit conscience sans a priori à ce qui l'entoure, sensibilité à ce qui change et bouge en lui, une présence sans cesse active, partie prenante, intégrante, transformante, mutante. Une conscience de soi et de ses envies. Une conscience en action, une âme désirante faite d'actes poussés jusqu'à leur épuisement, respectueuse du rythme qui lui est propre, et chose primordiale face (le mot n'est pas neutre!) au "public" représenté en stage par les autres stagiaires et l'animateur. Un public "validateur" de contact... une clé de contact?
Car avec son public le jeu est d'une totale vérité : rien n'échappe à cette instance à la fois chaleureuse (rire, émotions, applaudissements, etc.) et glaciale (trop silencieux, dissipé, bruyant). Tel un équilibriste sur son fil, le clown-théâtre suit une ligne située entre son centre intime et le cœur du public. Toute déviation, tout mensonge, tout faux-semblant, toute tricherie trouble et détend ce lien ténu. Une fois coupé le clown vit une solitude intense ; il n'est plus nourri, plus alimenté. Or il a encore une chance de se rattraper, un jocker : vivre totalement et vraiment cet instant de perte et d'éloignement, et, en le partageant avec les autres par le regard et le cœur, renouer, retisser et retendre le lien vital. Revivre en somme.
 
 

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